cocobot

renforce les soft skills

Nous suivre

2. Corby, moi… et Cocobot

“Le concept du syndrome de l’imposteur a été conceptualisé / définit en 1978 par deux psychologues américaines, Pauline Rose Clance et Suzanne Imes. Ces dernières le définissent comme la sensation désagréable de douter en permanence de ses capacités, de ne pas se sentir légitime dans son statut, et de ne pas réussir à s’approprier ses succès.”

 

Il y a quelque chose qui me poursuit depuis mes tous premiers souvenirs. Pour autant que je m’en souvienne, à chaque choix, chaque décision, chaque prise de risque, un déferlement de voix anxieuses, accusatrices et parfois moqueuses, venait assombrir le paysage de mon esprit. Comme si, dès lors que je décidais de partir à l’aventure, avec toute l’énergie et les rires qui me caractérisent, un sombre vol de corbeaux s’invitait, pour me pointer du bec un orage hypothétique. 

 

Le doute, toujours, et à propos de tout. Aucune réussite ne pouvait m’être dû en propre. Toute explication, même la plus saugrenue, était préférée à la simple observation : je réussi grâce à mon travail et à mes qualités. 

 

Inutile donc de dire que, une fois dans le monde du travail, ce vol de corbeaux est devenu très actif et très bruyant, précédant chaque action, me faisant douter de tout et m’empêchant d’avancer. 

Beaucoup l’appelle le syndrôme de l’imposteur, moi je l’appelle Corby Paulus Tyrus, ou Corby pour les intimes. Ce gros volatile encombrant, perché sur mon épaule et prompt à commenter la moindre pensée que mon esprit formalise. 

Il a donc longtemps été un véritable tyran – d’où son, Tyrus, Paulus venant du prénom d’un de mes professeurs de design dont la voix résonne encore dans ma tête. Je l’ai détesté, fuit, honni, je me suis écrasé à ses pieds, je l’ai supplié, j’ai parfois préféré le croire jusqu’à abandonner mes plus belles et audacieuses idées. 

Bref, ma relation avec Corby a toujours ressemblé à une bonne vieille relation toxique faite de fusion et de haine, de crainte et de subjugation. 

Pas vraiment un allié interne.

 

Jusqu’au jour où j’ai décidé de m’en ouvrir clairement à Jenny, ma coach. Je n’ai pas simplement averti de la présence du volatile sur mon épaule, j’ai décrit en direct ses commentaires assassins. La proposition de Jenny m’a alors sciée sur place.

 

Au lieu de me donner des techniques afin d’avancer MALGRÉ lui, de ne pas l’écouter, de l’anéantir une bonne fois pour toute, elle m’a conseillé le chose suivante : m’asseoir avec lui, l’écouter et noter par le menu chacune de ses remarques. 

 

L’idée était donc de fraterniser avec l’ennemi. 

 

Cette idée bien enfoui dans ma tête – entendre que je n’avais absolument pas envie de la mettre en pratique – je me relançais dans mon quotidien d’entrepreneuse. Je n’ai pas eu à attendre très longtemps pour rencontrer une première situation compliquée. En quelques mots, une personne, avec laquelle j’avais eu un très bon premier contact, ne répond pas à ma proposition tarifaire. La réaction de Corby est immédiate : “tu proposes des tarifs trop élevés”, “ton message n’était pas adapté”, “tu ne trouveras aucun client”, “il est sans doute temps de se rendre à l’évidence que tu n’y arriveras pas”,…

 

L’écouter n’a pas été très compliqué, il hurlait. Au bout de quelques jours, après avoir épuisé toutes mes ressources internes, je décide de me tourner vers notre ami bleu à antennes oranges. J’embarque pour une séance de soutien relationnel. 

 

Après quelques questions, Cocobot me rassure, valide mes pensées, mes émotions. La situation que je traverse est une situation commune et n’enlève rien à ma légitimité professionnelle. Le vélo infernal de mes pensées s’apaise. Cocobot me propose alors de pratiquer différentes solutions, j’en choisi deux, dont celle du FEEDFORWARD. Elle est orientée vers l’action et me propose de réfléchir à un message de relance axée sur le futur et de façon constructive. Je suis ses conseils tranquillement et finit par formuler un message de relance qui me convient. 

 

J’ai fait une clé de bras à Corby – ou une clé de bec, peut-être. Je l’ai écouté, j’ai pris note de ses coassements et je suis allée chercher les réponses aux questions qu’il me posait… mais pas toute seule, avec Cocobot. Et c’est ce qui a tout changé. 

 

Seule, j’aurais probablement atteint le même résultat. J’ai déjà écrit des messages de relance et j’avais déjà à peu près en tête ce que je voulais éviter dans ce message. 

Mais le coup aurait été énorme. 

J’aurais sans doute encore attendu plusieurs jours, mon regard sur la situation se serait encore obscurci et, quel qu’aurait été la suite de cette relation, j’en aurais gardé un souvenir cuisant et amer. 

Avec Cocobot, j’ai contrecarré les discours de Corby, gagné beaucoup de temps et d’efficacité et, surtout, repris confiance en moi.

 

Le plus sympathique dans cette histoire est que, ma prospecte étant enceinte, elle n’avait juste pas encore eu le temps de me répondre car elle voulait le faire correctement et pas sur un coin de table. On ne s’ennuie jamais avec Corby !