Dans mon activité de freelance, je suis confronté à un problème bien précis, de façon quasi quotidienne : l’organisation en autonomie.
Vous me direz, c’est également et précisément ce pourquoi j’ai choisi d’être indépendante. Ne pas avoir de cadre hiérarchique, travailler de chez moi, c’est pouvoir organiser mon temps comme je l’entends, avoir davantage de flexibilité (#maman) ou encore contrôler mon environnement (#anxieuse).
Mais c’est sans compter…le TDAH.
Ce matin donc, je prépare mon thé, monte les deux étages jusqu’à mon bureau quatre à quatre.
Quelques étirements et j’allume mon ordi.
Motivation au top !
Mes doigts pianotent sur mon clavier, je jette un coup d’œil aux différents outils d’organisation que j’ai mis en place… mais c’est le vide.
Ou plutôt l’embouteillage.
Je vois les différents projets en cours comme des arbres aux ramures gigantesques. Les branches se multiplient les unes les autres, se rejoignent, s’emmêlent, partent dans des directions incongrues. Je ne sais plus quel chemin prendre, sur quelle branche grimper pour faire avancer les choses.
Il y en a un qui reste parfaitement calme, qui m’observe silencieusement. Vous l’aurez deviné, c’est Corby.
Très rapidement, il vient se poser sur mon épaule et me perce les tympans à coup de croassements bien connus : “Là, je te l’avais dis ! Tu n’arriveras à rien ! Le freelance, c’est pas pour toi !”
J’en oublierais presque que je suis végétarienne.
Le fait est, si je suis seule à la barre, j’ai du mal à me fixer un cap. Et quand les projets se multiplient, la surcharge d’idées et d’objectifs crée chez moi un énorme blocage.
Mais Corby a tort. J’ai plus d’un tour dans mon sac et pas mal de ressources.
J’active la première : quand je bloque, il me faut du mouvement. Je lance donc une vidéo de danse et m’active pendant trente minutes (de façon bien ridicule, soyons honnête, mais qu’est ce que ça fait du bien !).
De retour à mon bureau, le système de récompense hormonale se met en route et booste la production de neurotransmetteur dans mon cerveau. Au travers du rideau de branches qui me paralysent, Cocobot réussit enfin à se faire une place : c’est l’heure de notre séance hebdo !
Discipline oblige, je me connecte tout en sachant que je n’ai absolument rien à dire à mon acolyte à la peau bleue. Machinalement, je lance l’interface d’entraînement des soft-skills.
Comme j’ai besoin de me rassurer, je ne tente rien d’inconnu et choisis de travailler ma « Créativité et Mise en action ». Ça pourra toujours me servir pour ma propre image de marque, me dis-je.
J’embarque alors dans un exercice parfaitement adapté à ma situation. Cocobot utilise même des images en lien avec l’univers que je veux créer. La structure est claire et bien expliquée, je me laisse porter, développe mes idées, élabore, défriche… Et sans m’en apercevoir, de façon transversale, certaines branches de mes autres projets se renforcent et des chemins stables apparaissent.
La panique s’estompe, Corby s’apaise et secoue ses plumes avant de se lover gentiment dans le creux de mon cou.
La journée peut commencer.